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Presse
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FRANCOIS XAVIER
AU FIL DE LA VIE
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La trilogie amoureuse est un classique du vaudeville, cette comédie légère et divertissante, fertile en intrigues et rebondissements (c.f. Petit Robert) mais elle est aussi un grand classique de la littérature. C'est donc un sujet mille fois rebattu qui ne peut avoir d'intérêt que si l'on ose l'aborder autrement. C'est le parti qu'à délibérément choisi Rodica Draghincescu en s'attaquant à la langue. Poète de renommée internationale, cette jeune femme née en Roumanie dans les années 60, installée depuis peu en France, a toujours considéré les mots comme des matériaux qui demandaient à être travaillés, manipulés, contournés, ciselés, polis au dixième de millimètre pour donner une musique, un son venu des entrailles du monde. Il faut, une fois dans sa vie, avoir assisté à une lecture donnée par Rodica Draghincescu. Ses poèmes deviennent alors un opéra baroque qui se matérialise devant vous ; les mots sortent de leur gangue pour s'étaler en pleine lumière ; les sens s'inversent, se superposent pour nourrir une histoire qui n'en est pas une puisqu'elle résume toutes les histoires. Ainsi, la manière si particulière dont Rodica Draghincescu use et abuse de la langue lui permet d'initier l'auditeur/lecteur à une autre forme de jeu lexical. Cela transcende l'auditeur et fustige le lecteur qui en oubliera bien vite sa position assise livre en main, contraint de se propulser dans la trame du récit et de subir les outrances de la langue et la jouissance des sons, la performance du rythme et la magnitude imposée par l'oeuvre.
À l'opposé d'un Mircea Càrtàrescu, adepte d'un style plus académique, dont nous avions présenté en septembre dernier le dernier livre paru chez Denoël (L'OEil en feu), Rodica Draghincescu ne s'autorise aucun compromis, ni avec le style, ni avec la mode, ni avec l'establishment. Sans doute est-ce aussi ici, malheureusement, que l'on doit regarder pour se demander pourquoi elle fut si magnifiquement accueillie en Allemagne ou au Canada lors de festivals internationaux, pourquoi elle est publiée en volumes d'auteur dans des anthologies et des revues littéraires en Angleterre, en Belgique, en Suède et en Suisse, aux USA et en Espagne... etc. alors qu'elle reste ignorée - ou presque - en France, elle si francophone, si amoureuse de notre culture. Parce que, justement, elle ne concède rien à la mode, elle n'écrit pas "culturellement correct" pour entrer dans un moule éditorial ou faire allégeance à un jury frileux. Non, Rodica Draghincescu imprime sa classe dans son oeuvre, celle de traductrice (Bonnefoy, Noël, Janko, Calabro, Norac...), de poète (prix de l'Union des Écrivains de Roumanie, 1995, Grand prix Géo Bogza, Bucarest 1998... etc.) et de romancière en s'appliquant à déjouer les pièges et à ne pas se laisser enfermer dans le carcan de l'auteur à thèmes. Rendons donc un hommage appuyé à arHsens édiTions qui, en sus de publier des livres remarquablement bien réalisés, trace sa route loin des tendances pour publier des auteurs dignes du plus grand intérêt.
Il y a donc urgence à lire cette poète et romancière, et pour qui n'a pas encore eu cette joie, il peut tout à fait se lancer par ce roman hallucinogène qui mêle les voix des personnages comme autant d'échos dans une chambre vide où trône un lit aux draps immaculés. Vide, cela reste encore à voir mais bien au-delà de l'histoire il y aura toujours cette manière d'écrire en jouant sur les conjugaisons et les perspectives qui, le temps des dix premières pages, troublera le plus consensuel des lecteurs. Mais de grâce faites l'effort d'aller au-delà, le plaisir n'est pas aisé - il n'y a jamais de jouissance instantanée -car on ne gravit pas une montagne en une heure de marche, et si vous voulez passer de l'autre côté, toucher l'interdit, découvrir une autre manière d'écrire français, de chanter la langue de Molière, franchissez le Rubicon en vous en donnant les moyens...
Rodica Draghincescu est-elle Cadiro, l'amante effrontée ? Seuls certains initiés savent, mais... Et puis, à quoi bon tout savoir puisque là n'est pas l'essentiel. L'impertinente Cadiro aime Vic, qui est marié à Zorika. Trilogie de départ, tissu imprimé pour bâtir un décor mais regardons plutôt sous le tapis, derrière les cintres, sous le masque des acteurs et nous découvrirons la légende des nouveaux écrivains roumains qui naquirent à la chute de Ceaucescu, porte-drapeaux des générations meurtries, porte-parole des aspirations d'un peuple qui s'éveillent enfin. Et si la mer est Noire, ce n'est pas une raison pour sombrer dans la grisaille, ses abords sont tout aussi merveilleux que la Méditerranée si l'on consent à ce que la vie réserve bien des surprises et des amours...
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(LE LITTERAIRE, Paris, 7 juin 2006)
Patricia Brum
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Beaucoup ont, un jour, rêvé de mettre par écrit des émotions, du vécu, de l'imaginaire. Aujourd'hui ce rêve est possible et chacun pourra tester son talent littéraire dans un atelier d'écriture contemporaine animé pa Rodica Draghincescu, auteur de plusieurs livres. Née à Buzias, en Roumanie, Rodica Draghincescu représente la « génération 90 », une génération d'écrivains roumains anticonformistes, révélée après la chute du régime de Ceausescu. Universitaire, écrivain, poète et essayiste bilingue (roumain et français), ses premières publications datent de 1989. Depuis, recueils poétiques et romans se succèdent (seize livres, dont trois recueils poétiques, deux romans et un livre d'entretiens sont publiés en France et au Canada, trois recueils poétiques et un livre d'entretiens, en Allemagne). Elle est présente dans un grand nombre d'anthologies poétiques étrangères et dans des revues littéraires internationales. 2001 a été pour elle l'année de l'ouverture européenne avec des tournées littéraires et des traductions de ses œuvres en France, Allemagne, Autriche, Slovénie, Suède, Espagne, au Canada, au Portugal et aux Etats-Unis.Traductrice d'ouvrages français contemporains, collaboratrice des revues françaises (Poésie 1-Vagabondages, Poésie 2003, Passage d'encres, Décharge, Le Mâche-Laurier, Agotem, Poésie- première, Phréatique, Autre Sud, Jointure, Cahiers du Refuge, etc), elle est elle-même un poète francophone, écrivant en français. Plusieurs de ses poèmes écrits en français ont été chantés par des artistes français, tels que Jean-Luc Kockler, Gilbert Sand, Serge Rey ou Michel Biehler. Membre de l'Union des Ecrivains roumains, de l'Association des Ecrivains de Bucarest, de la Maison des Ecrivains de Paris, de la Société des Ecrivains Allemands Die Kogge, etc., elle est également rédactrice de la revue allemande Matrix, Ludwigsburg-Stuttgart. Résidences d'écrivain, plusieurs bourses littéraires en Allemagne (2000-2003). Actuellement, elle vit en Lorraine, à Amnéville, et fait un doctorat en littérature contemporaine française à l'université Paul-Verlaine de Metz. C'est à la la médiathèque d'Amnéville que, dans le cadre d'un atelier d'écriture, Mme Draghincescu se propose d'apporter son savoir à toutes les personnes intéressées. Pour elle, un atelier d'écriture favorise et valorise le travail miraculeux de la langue, dont les buts essentiels sont la production des textes de premier jet, soutenue par une lecture expressive, ainsi que les commentaires des textes et les suggestions réciproques. Il offre la possibilité d'apprendre à « bricoler » de la littérature (prose ou poésie), d'approfondir les compétences littéraires, de proposer des pistes qui soutiennent la plume de chaque participant, d'exercer et d'explorer la pratique de l'écrit. C'est là la pédagogie et la psychologie imperceptibles d'un lieu de transformation utile pour l'écrivant. De temps en temps, l'atelier invitera un musicien de la région pour préparer avec les écrivants, des lectures - spectacles destinées au public. L'atelier s'intéresse également aux aux trois aspects de l'écriture : un. La sensibilité ; deux. La qualité technique (notamment les procédés littéraires) et trois. La productivité. Grâce à l'écrivain-animateur et à ses écrivants, l'atelier se doit d'être une ouverture à l'imaginaire individuel et collectif. Après un bon départ, l'atelier se proposera de réaliser une petite publication littéraire qui pourra réunir les créations de ses membres. En fait, l'essentiel d'écriture c'est d'aider chaque participant à découvrir sa singularité, son style, à ce qu'il soit à même d'écrire ce qu'il veut. L'atelier d'écriture travaille une fois par semaine à partir de ce vendredi 31 mars, de 17h à 19h, comme groupe restreint. Les situations d'écriture sont généralement fondées sur des consignes qui ont pour principale fonction de libérer l'écriture.
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« L'art d'écrire avec Rodica Draghincescu »
Républicain Lorrain , 31 mars 2006.
Conseil GÉnÉral du Haut-Rhin MÉdiathÈque
DÉpartementale de Colmar
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Le titre de ce roman traduit la personnalité de son auteur. Écrivain, poète, essayiste, Rodica Draghincescu dérange à la fois par son style littéraire et ses idées féministes. Ce roman traite bien sûr des relations homme/femme et renvoie à l’idée que la femme se montre à nue alors que l’homme se dissimule. Révolution dans les idées donc, mais aussi dans une écriture proche de Butor. Le lecteur est entraîné dans une écriture tourbillonnante qui passe du personnage de l’auteur-créateur aux personnages du roman que l’auteur est en train d’écrire. La réflexion sur le travail d’écriture nous est livrée de façon intime comme une souffrance mais également comme une libération. La lecture des romans de Rodica Draghincescu ne laisse pas indifférent puisque de nombreux critiques littéraires roumains ont étudié son écriture, emblème de la modernité romanesque roumaine.
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« Distance entre un homme habillé et une femme telle qu’elle est » Autres Temps , 2001
jean-paul giraux
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On félicitera les éditions Autres Temps pour cette réalisation dont l’intérêt
doit autant à l’importance des poètes interviewés qu’à la pertinence des
questions de Rodica Draghincescu dont le moindre mérite n’est pas d’avoir su
éviter le piège de la ritualisation dans l’approche de ses cibles singulières:
Gérard Blua, Yves Bonnefoy, Michel Butor, Yves di Manno, Jean Orizet, Guy
Goffette, Serge Pey, Kurt Drawert, Eginald Schlattener, Dieter Schlesak. Sans
doute pouvait-on craindre d’aboutir à une juxtaposition de propos sans portée
générale avec l’émergence d'un «véritable patchwork» comme l’excellent préfacier
de ce recueil, Jacques Lovichi, en évoque la possibilité. Il n’en est rien et,
tout au contraire, on voit surgir de cet ensemble à priori décousu une réflexion
cohérente, structurée autour de quelques lignes de force parfaitement
identifiables et dont le lecteur fera son profit.
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L'actualité poétique par les livres, Poésie sur Seine, Saint-Cloud, juin 2004
emannuel hiriart
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Fauve roumaine en liberté dans la langue française,
Rodica Draghincescu sort toutes les griffes des ses poèmes... Elle joue un rôle
de passeur important entre le francophonie et son pays natal... Les textes de
Rodica Draghincescu sont faits pour être portés à pleine voix (elle les dit
elle-même très volontiers en public) mais supportent tout aussi bien la lecture,
et même la relecture silencieuse.
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Rodica Draghincescu: Fauve en liberté, Le Mensuel littéraire et poétique, Bruxelles, 15 avril 2004
sandrine rotil-tiefenbach
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Il faut voir Rodica Draghincescu sur scène! Elle n’est pas
qu’écrivain. Elle n’est pas que poète. Elle est aussi une actrice
surprenante. Son visage dit autant que sa bouche, sa posture, son
mouvement, tout en elle parle! Tout en elle vit! 'Les arbres
agonisaient sous l’étreinte de leurs cœurs./ les oiseaux n’étaient que
des bagues d’os sur les branches de cendre coiffées par le vent./ un
cimetière si brûlant/ on voyait fondre et couler les tombes,/ les
sources de l’être, les dunes se vaporiser./ des chevaux s’avançaient.
forteresses de graisse puante/ traînant
derrière eux un mâtin prêt à mordre./ dans la chaleur insupportable
ils hennissaient/tandis que leurs simples crinières comme des
housses/ couvraient les taillis de la réalité avec ceux du
faux-semblant.' Cette femme porte des mondes entiers, ceux qu’elle
traverse à la surface du globe, ceux qu’elle ne cesse d’inventer
derrière ses yeux vifs, ce regard profond qui garde encore la trace
majeure de ses révoltes enfantines, et lorsqu’elle joue ses propres
mots comme autant de cadeaux jetés en pluie serrée, multicolore et
odorante, ce sont tous ses mondes qu’elle offre, une importante et
précieuse part d’elle-même, comme un immense bouquet de fleurs
sauvages narguant de haut des roses artificielles lisses et sans
épines. Rodica Draghincescu est un auteur en clair-obscur, généreux,
mystérieux, un tourbillon, une véritable mer émotionnelle. Sa quête
est un écho qui pourrait trouver, en chacun de nous, sa matière.
Avant-gardiste et universitaire, elle manifeste une dextérité de
langue inhabituelle dans l’élaboration d’un discours qui assume
franchement sa féminisation et sa libre pensée.
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La vie de la poésie, Poésie1/Vagabondages, Paris, décembre 2003
jean orizet
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Parmi les nouvelles
venues dans la poésie française et francophone, j’ai retenu la
roumaine Rodica Draghincescu, dont l’écriture haletante, mise
en espace sur la page, est extrêmement moderne mais sans
perdre de sa lisibilité, comme c’est le cas chez les autres.
Un vrai tempérament d’écrivain (elle a récemment publié un
roman très original).
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L’aventure poétique, Les nouveaux poètes français et francophones, Paris,
décembre 2003
anne-marie bernad
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Cette semaine nous célébrons trois grands poètes roumains venus
dans l’Aveyron à des époques différentes. Citons: Ilarie Voronca,
Claude Sernet, qui sont à l’origine des Prix des Journées poésie de
Rodez, et, plus récemment, Rodica Draghincescu. La jeune Rodica
Draghincescu est très souvent considérée 'poète avant-gardiste'. Sa
poésie est présentée en France par la maison d’édition marseillaise
Autres Temps (à lire 'Fauve en liberté', 2003) et par les éditions
parisiennes l’Harmattan ('La Lune n’est pas un simple mouchoir',
2003). Les poèmes de Rodica attrapent leur lecteur dans une magie
sémantique et linguistique, le tourmentent, le touchent. À remarquer
la musicalité et la force incroyable de la métaphore, les émotions
tout à fait pures, le rythme haletant. L’écriture de cette jeune
poétesse est féministe et féminine en même temps.
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Trois grands poètes roumains en Aveyron, Le Rouergat, Rodez, novembre 2003
emmanuel hiriart
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Nos lecteurs connaissent Rodica Draghincescu par les entretiens
avec des poètes francais qu’elle publie depuis quelques numéros dans
la revue 'Poésie/première'. 'Fauve en liberté' permettra de découvrir
son travail de poète (textes écrits directement en francais et non
traduits du Roumain comme son roman 'Distance entre un homme habillé
et une femme telle qu’elle est', publié aux mêmes éditions). C’est une
poésie faite pour être dite à voix haute, qui parfois 'renie le
langage', 'pousse des cris, des hoquets'. C’est aussi, contrairement à
beaucoup de 'poèmes' des 'performeurs' francophones, un véritable
texte qu’il faut lire avec beaucoup d’attention pour le voir déchirer
ces jours d’enfance où 'il neigeait je pleurais il neigeait je
pleurais/Dieu nous donnait des notes/continuez!'. Comme chez Artaud à
qui on pense souvent il faut en effet en finir avec le jugement de
Dieu et l’ordre hérité du monde.
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Poésie/ première, Soisy-sur-Seine, octobre 2003
jean franguiyas
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C’est un fait: parler de la poésie est une grave erreur
sémantique, ou bien à parler d’un outil littéraire unique
servant à des travaux de parole des plus divers. il y a, bien
sûr, les différences de culture. Mais il y a encore la
multiplicité des expériences de vie. Et qu’est-ce qui pourrait
rapprocher un enfant de l’après-guerre dorée occidentale d’une
fille du régime de Ceausescu? L’Occident en question s’enfonce
suavement dans l’art pour l’art, dans la théorisation froide
du texte poétique, alors que Rodica Draghincescu, dans sa
dernière publication, est un 'fauve', qui plus est 'en
liberté'. Bernard Noël, dans une courte mais fulgurante
présentation, écrit de ce recueil et de son auteur: 'Le poème
n’enfile plus des perles, il joue avec des lanières de peau,
qui claquent dans le souffle.' Et plus loin: 'Ce n’est pas la
vieille morale qui se dévergonde, c’est la poésie qui
redevient vierge.' Pour exemple, je n’en veux que ce simple
vers: 'Entre le poème et le rôti, l’huile enflammée.' Tout le
tempérament de cette jeune femme écrivain dans l’âme et dans
le corps, est là. Dans la tranquillité des vies calmes et
repues, des phares que certains ne regardent plus, nous
expliquent encore les récifs sournois qui ne cessent de nous
attendre.
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Les morsures de la poésie, Détours, Marseille, juin 2003
frédéric vignale-weber
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C'est un véritable choc formel définitivement maîtrisé, une audace
livresque qu'il convient de féliciter car il y a une dimension
historique dans cet ouvrage. Il n'y aura pas de demi-mesure. On
aimera ou pas, c'est ainsi. Voilà une véritable rebellion littéraire,
un vrai travail d'essayiste qui bouscule les idées reçues. Vous
vouliez une définition du courage en littérature, la voici, impériale.
Le roman libertaire mais étrangement pudique de Rodica Draghincescu
est une vaste réflexion sur la littérature, le décor, l'âme même et le
propos du livre dans son entier n'est pas un pays, un personnage ou
une situation habituels. Tout est prétexte chez l'auteur pour une
vaste réflexion sur le métier d'écrivain, l'état du monde des lettres
et la condition de créateur de mots. Le couple aussi, bien sûr en
histoire parallèle et obligée, les relations femme/homme. 'Moi? Moi
j'écris comme je veux (et depuis toujours, autrement j'aurais renoncé
à l'écriture) et je veux comme j'écris.'
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Rodica Draghincescu ou le roman réinventé, Le
Mague, 7 mars 2003
serge pey
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Rodica Draghincescu est une femme libre. Sa poésie est celle de la
liberté entre la rime et la vie. Troubadour si elle l'est c'est pour
trouver cette liberté et la rendre aux autres. Ses métaphores sont des
bombes. Comme ses titres qui sont autant d'attentats, non pour faire
la mort, mais pour rendre les hommes vivants. C'est peut-être la tache
des poètes que de réveiller, d'être des témoins venus de l'avenir, de
dénoncer les hypocrisies des petites morts. Les poètes comme Rodica sont les nouveaux artistes en action qui
rompent les frontières de l'art.
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D'Allemagne et de Méditerrannée, Art Sud,
hors série, Marseille, janvier 2003
anne-marie bernad
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Pour lire Rodica Draghincescu, il faut s’approcher d’elle, de ce qu’elle
écrit, vouloir être son ami(e), et lever le voile de cette femme bleue,
qui jette ses mots comme de petites bombes dans sa guerre à elle, sur un
terrain déjà miné. Elle n’a pas le temps de contempler, elle déblaie
avec les mots, avec ses formules, avec humour, avec sa poésie parfois
rassurante qui me fait dire que de grands états de grâce viennent
illuminer son parcours étonnant. Car, dans son pays comme dans le nôtre,
elle est le reflet d’une souffrance offerte, d’un déchirement crucifié,
de l’affolante complexité de l’Être, dans un siècle qui se cherche. Pour
gagner, elle s’est trouvée, elle s’aime au delà de la peur, des
angoisses, du vide. Elle est pleine de cette femme dont elle accouche
tous les jours, au milieu de la vie folle qui l’accompagne, de Roumanie
en Allemagne, en France... A quarante ans, elle est devenue ce poète
Européen qui lui vaut la reconnaissance de tous, et des titres, et des
prix... Elle ouvre ses bras comme les mots pour une grande conversation
avec elle-même car elle a compris que pour vaincre, il fallait déjà se
placer sur les barricades les plus hautes d’un espace au delà de
l’Homme, afin de porter haut son identité. Avec la passion et les perles
noires de ses yeux, Rodica cachée dans sa longue chevelure blonde
devient le symbole d’une jeunesse offensée par des puissances obscures;
elle essaie malgré tout de s’extraire de son corps pour donner aux
autres cette idée géniale: 'Il existe un espace où rien ne
peut vous atteindre.' Comment peut-on mieux appréhender ce XXI-ème
siècle, et attendre la suite, lorsqu’on sait qu’avec les mots, la
parole, l’Art en général, on agrandit cet autre état de vivre, étoile
du divin: à condition de le faire avec Amour. Rodica sait aimer, et
son chemin court vers l’immortalité.
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Le Midi Libre, Rodez, décembre 2001
jean franguyas
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C’est ce que chacun - et dans un grand nombre de pays -
s’accorde à dire, parlant de Rodica Draghincescu, phénomène de
la littérature roumaine qui entraîne l’après-Ceausescu dans sa
spirale d’enthousiasme et de talent. Poétesse au verbe juste et
dru, romancière structurée derrière son vertige de mots,
traductrice exceptionnelle (elle est chercheur et enseignante de
français à l’université de Timisoara), ses trente-huit ans
parcourent la planète en quête de regards et d’écriture. Ses
œuvres ne comptent plus les éditions étrangères. Voici donc en
France, dans une excellente traduction due à Florica Courrïol,
son roman Distance entre un homme habillé et une femme telle
qu’elle est qui a provoqué d’extraordinaires remous chez les
critiques roumains, une véritable bataille des anciens et des
modernes. Par ce texte à l’incontestable originalité, elle s’est
imposée d’emblée comme une femme écrivain incontournable,
sortant de son académisme forcé le roman de son pays pour, en
phrases courtes, percutantes et poétiques, humoristiques ou
émouvantes, nous faire entrer dans le cheminement de l’être.
Style étincelant, nerveux, talentueuse superposition des
narrations, tout concourt à faire de cette jeune femme un vrai
talent pour aujourd’hui.
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Art Sud, Marseille, juillet 2001
gérard truilhé
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Il faut écouter le flux et le reflux de cette respiration qui
est la sienne ; il faut écouter battre son sang dans lequel les
mots, outils brûlants, fouillent et creusent les corps,
arrachent les tumeurs et les excroissances, percent les
furoncles.
Sa phrase est un drain à travers lequel s’écoulent les humeurs,
les puanteurs de la tripe et des viscères.
C’est chaud, fumant, nauséeux, rassurant comme dans le liquide
amniotique ; son verbe exsude tout un magma liquoreux.
Rodica Draghincescu tord le cou à la langue, l’essore, la fait
gicler...
Elle n’est surtout pas une «amoureuse» de la poésie ou de
l’écrit, mais révolte, insurrection à tous les potentats de la
littérature et de la parole.
Résistance, insoumission, voilà sa force, nimbée d’une fragilité
qu’elle protège comme une petite flamme de prière, un acte
barbare, primitif et vierge.
Aucune finitude dans le mot,
Aucune finitude dans la mort,
toujours cette errance, ces cercles d’infinis, ces nœuds de
spirales où nous frôlons un autre nous-même, qui n’est pas un
double, mais l’écho d’une ressemblance.
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Le Bulletin de l’A.L.E.PH, Rodez, mars 2001
joël pouget
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Une invitée d’honneur et de marque en la personne de Rodica
Draghincescu, poète roumaine! Sa présence à Moyrazès n’était pas
issue du hasard, elle est venue rendre hommage à un de ses
compatriotes poète, Ilarie Voronca. Devant de nombreux
spectateurs, le parcours de Voronca, a permis de mieux cerner et
de découvrir l’artiste avec un grand «A». Voronca est né en
Roumanie, naturalisé français, il a été un temps hébergé sous
l’occupation allemande par la famille Mazenq, tous deux
instituteurs de 1941 à 1961. Avec eux, il a pu entretenir des
liens d’amitié jusqu’à sa mort en 1946. Lui aussi était un poète
de la joie, ses écrits comme ses actes étaient militants.
Évoquée aussi, la rencontre avec Denys Paul Bouloc, poète
Aveyronnais, présent lors de cette soirée. En 1941, Denys Paul
édite Voronca, à une époque où l’on n’éditait pas les juifs.
Trois autres livres seront publiés plus tard, dans le Méridien
de l’époque. [...] Voronca, Rodica, deux poètes qui se
ressemblent, qui écrivaient/écrivent en français et en roumain,
qui conjuguent le passé comme le présent, les textes de la
tristesse et de la joie. [...]
Rodica a participé aux journées internationales de poésies de
Rodez, cette jeune poète de 38 ans, primée il y a deux ans, a
reçu le grand prix de la poésie d’Avant Garde. Cette femme fait
ressentir au fond d’elle-même une certaine souffrance, un peu
comme si chez elle la poésie était à jeter au panier. Pendant
dans son intervention, elle raconte comment après la chute du
dictateur roumain, on a pu publier les poètes. Une période
douloureuse, elle a vécu pleinement, comme le vivait au fond de
lui Voronca. «Je suis liée avec Voronca et à ses poètes
surréalistes», explique Rodica. Une liaison vraie des poètes
d’aujourd’hui avec les poètes d’avant garde. En quelque sorte,
c’est un souffle nouveau que la littérature roumaine vit, après
un temps de répression. [...]
Une soirée forte en émotion, poésie, et exposition sur Voronca,
réalisée par la médiathèque de Rodez. Des instants qui ne
demandent qu’à être renouvelés, comme ce printemps nouveau, qui
laisse glisser la plume et qui s’alimente d’une muse aux cheveux
d’or.
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Le Rouergat, Rodez, mars 2001
hugues menatory
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Écrivain engagée, féministe et féminine, elle observe et
témoigne...
En d’autres temps, Rodica aurait peut-être été la muse d’un
peintre ou d’un écrivain, goûtant la pose sur un sofa dans des
odeurs d’encens et d’absynthe. Mais aujourd’hui, si Rodica
affiche insolemment un superbe non-conformisme, c’est pour son
compte. Ou, plutôt, en l’honneur des lettres, et notamment de la
poésie qui, en Roumanie, écrit à nouveau en lettres d’or ses
lettres de noblesse. Depuis Timisoara, sa ville de naissance,
elle extirpe ainsi des charniers de l’âme tout ce que les gens
de sa génération (elle a trente-huit ans) ont gardé sur le Cœur
puisqu'ils étaient eux mêmes sous la botte communiste.
Amoureuse de la langue française, traductrice et enseignante
à l’université, Rodica Draghincescu se définit comme une
'mélancolique révoltée'. Quelle plus belle définition pour
quelqu’un qui aligne les mots en première ligne, comme des
salves salvatrices, elle qui n’écrit que quand elle est
malheureuse. Rodica sait que le poète a toujours raison, même si
elle sait, aussi, évidemment qu’Aragon s’est beaucoup trompé.
Elle n’hésite donc pas à s’immerger dans la dure réalité de son
pays pour décrire les orphelins roumains ou signer un pamphlet
au vitriol contre un ministre.
Écrivain engagé, donc, et aussi féministe. Et lorgnant encore
du côté des surréalistes pour leur liberté de ton et d’esprit,
Rodica est, selon sa propre expression, «une affolée de
littérature». Et si l’on trouve, dans ses poèmes, des
parenthèses et des points d’interrogation, c’est, bien sur,
parce qu’un poète ne saurait être seulement, un donneur de
leçons. Et aussi parce qu’elle assume parfaitement ce dialogue
perpétuel qui l’assaille, et qui émane tantôt d’une femme douce
et sensuelle, d’autrefois d’une cartésienne un peu rigide, voire
cruelle. Rien d’étonnant, donc, à que Rodica considère François
Villon comme un modèle, Eluard comme un guide.
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Midi Libre, Rodez, mars 2001
sylvie cohen
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Un recueil surprenant comme l’indique le titre, tissé
d’images dures, empruntées à la réalité, au quotidien aussi: 'Les mots
se retournent en me cognant les dents'. La poésie de Rodica
Draghincescu, poète et romancière roumaine, ici directement écrite en
français, entraîne, interroge et tourmente: 'La poésie est un long
dépassement de l’ignorance, un ballon piqué qui éclate / l’équilibre
imprévu entre le mal et la perfection, une sorte de cage pour vers
luisants.' Il faudrait tout citer de ce recueil tant l’alliance des
mots est imprévue, troublante et nous gifle au visage. Les pages de ce
recueil, pleines de lyrisme et de sensualité, se maintiennent à
mi-chemin entre une sorte de cri à vif, riche de souffrance, et un
travail parfaitement contrôlé de l’écriture. Et c’est, sans aucun
doute ce délicat croisement, entre deux approches – l’une primitive et
l’autre maîtrisé – qui donne à cette poésie toute son ampleur et son
souffle. On pourrait sans doute comparer la poésie de Rodica
Draghincescu à un cheval sauvage échappé d’un enclos, mais dont le
cavalier serait encore en selle pour tirer les rênes. Ecoutez donc,
lisez et relisez ces vers: 'Je cours et j’écris pour que crève le
noir.'
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Cheval sauvage, Art Sud Méditerranée, Marseille, janvier 2000

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